Accoucher sereinement.

J’adore lire des récits d’accouchement. Tous différents, toujours émouvants, parfois joyeux ou douloureux. Malheureusement, comme pour les récits de grossesse, je trouve que l’on lit sur les blogs beaucoup d’histoires de femmes qui ont souffert pendant leur accouchement. Aujourd’hui j’ai envie de vous raconter des accouchements sereins, MES accouchements. Sans péridurale, sans souffrance, en toute quiétude et dont je garde un merveilleux souvenir.perline.061-copy

Crédit photo: Wide Open Photographies

Il y a quelques années j’étais terrorisée à l’idée d’accoucher. Au début de ma première grossesse je réfléchissais même sérieusement à une « césarienne de confort »! Je n’aurais jamais imaginé accoucher deux fois sans péridurale et sans souffrance. Presque 3 ans plus tard, aussi étrange que cela puisse paraître pour certaines femmes, je peux le dire et l’affirmer: J’adore accoucher!

Je ne vais pas vous faire le récit heure par heure de mes accouchements. D’une part parce que cela serait long et jalonné de détails donc pas très agréable à lire et d’autre part parce que je ne peux envisager ce moment uniquement comme quelque chose de physique. Bien sûr il y a les contractions, le col qui s’ouvre, la poche des eaux qui se perce ou se fissure, mais au delà de tout cela il y a tout ce qui se passe dans la tête de la mère qui va mettre son enfant au monde. La psyché travaille en même temps que le corps et que les contractions et lorsque la future maman est détendue et apaisée il y a plus de chance pour que son accouchement le soit aussi. En vous donnant un témoignage positif j’espère que les femmes qui n’ont pas encore accouché garderont en tête qu’on ne souffre pas nécessairement pour accoucher.

Un accouchement c’est forcément (au moins un peu) douloureux mais attention, il y a une vraie nuance entre « douleur » et « souffrance »! On peut avoir mal sans forcément souffrir. Pour ma première fille les contractions ont commencé pendant la nuit mais elles étaient tellement supportables que je me suis rendormie. J’ai ce qu’on appelle un utérus contractile, ce qui signifie, en ce qui me concerne,  que j’ai très fréquemment des contractions et ce dès le 4ème mois de grossesse. Les contractions je connais bien et ça ne m’inquiète pas même s’il est vrai que les contractions qui permettent au col de s’ouvrir n’ont rien a voir avec celle ressenties pendant mes grossesses. Cependant, quand elles ont commencé à se rapprocher et à s’intensifier le matin je ne me suis pas précipitée à la maternité parce qu’on m’avait dit: « il faut attendre de vraiment souffrir pour partir de chez soi ». Cette phrase je l’ai souvent entendue et je pensais que j’allais souffrir… Finalement, après avoir vernis mes ongles (en me levant pour courir marcher autour de la table du salon entre chaque contractions) et sous la pression de mon entourage qui comptait les contractions (« non mais Anne-Sophie elles sont espacées de 2/3 minutes il faut que tu partes à la maternité! ») j’ai fini par partir après avoir négocier que mon mari sortent m’acheter des croissants. Ceux qui me connaissent savent que je ne saute jamais de repas (j’ai toujours faim!) et partir de chez moi alors qu’il était l’heure de déjeuner sans rien avaler était inconcevable!

Arrivée sur place j’ai été prise en charge dans la salle d’auscultation et c’est dans cette pièce que j’ai mis au monde mon bébé. Je me souviens du seul moment pendant lequel j’ai paniqué: après mon arrivée et un examen de contrôle, la sage femme m’a annoncé que mon bébé était presque là et que nous n’aurions pas le temps d’aller en salle d’accouchement. Là j’ai eu peur et je lui ai dit que j’avais « prévu » une péridurale. C’était trop tard, je me suis rassurée en me disant que j’avais fait le plus gros du boulot en supportant les contractions de fin de travail et que tout se passerait bien. Tout s’est bien passé, j’ai pu attraper mon bébé et le sortir toute seule et je n’ai jamais vu autant de fierté dans les yeux de mon mari que ce jour là…

Après l’accouchement et les deux heures de contrôle obligatoire  j’ai pu aller m’installer dans ma chambre d’hôpital en marchant, en pleine forme, complètement euphorique de ce moment incroyable que je venais de vivre, complètement submergée de bonheur et d’Amour.

Voilà donc comment s’est passée la naissance de Myrtille, le petit fruit de notre Amour, qui, pour la petite anecdote a pointé le bout de son nez le jour de la Saint Amour (quand je vous dit qu’il y a beaucoup d’Amour!).

Myrtille-34

Crédit photo: Hélène Douchet

Après ce premier accouchement idéal j’avais envie de renouveler l’expérience d’un accouchement sans analgésie. Je ne m’étais mis aucune pression et je savais que si ça devenait ingérable je pourrais avoir recours à la péridurale. J’avais utilisé un cahier d’exercices d’auto hypnose pendant ma première grossesse et pour ce deuxième accouchement je me suis penchée un peu plus sur cette méthode qui m’avait vraiment aidée (pour relire mon article sur l’accouchement sous hypnose c’est ici). Pour ce deuxième accouchement les contractions se sont rapprochées en fin de soirée et ont continué toute la nuit.  j’ai encore mieux géré la douleur que la première fois et ce qui m’a décidé à partir pour l’hôpital vers 5h le lendemain matin c’est que j’avais l’impression d’avoir fissuré la poche des eaux (c’était pas flagrant et j’avais un doute). Nous avons essayé de partir plus tôt pour la maternité cette fois-ci mais il a fallu attendre que ma mère arrive pour garder Myrtille. Finalement une fois arrivée,en sortant de la voiture,j’ai eu l’impression que j’allais accoucher sur place et je n’ai pas réussi à aller jusqu’à l’intérieur du bâtiment. On est venu me chercher en courant avec un fauteuil roulant et le plus dur à ce moment là était de me retenir pour ne pas pousser alors que je sentais le bébé glisser vers la sortie! J’ai été immédiatement prise en charge, j’ai découvert que la poche des eaux était complètement percée (je n’ai jamais su à quel moment cela c’était produit…?! Probablement pendant une douche) et j’ai commencé à pousser. Pour mon premier accouchement on m’avait percée la poche des eaux à la maternité et j’avais trouvé ça impressionnant toute cette quantité d’eau! Du coup je suis toujours étonnée de ne pas savoir quand elle s’est percée pendant ma deuxième grossesse… Pour mes deux accouchements j’ai énormément poussé pour faire sortir mes filles. Toutes mes amies me disent qu’elles ont poussé deux fois et que le bébé était là. Ce n’est absolument pas mon cas! J’ai le périnée « super musclé » et le temps de la poussée est forcément assez long (30 minutes environ pour mes deux accouchements).

Pour mon deuxième accouchement l’hypnose m’a vraiment aidée à me détendre. J’étais sereine, détendue et la sage femme semblait étonnée de me voir discuter tranquillement entre chaque contraction/poussée. Avec le recul moi même je n’en reviens pas! Le temps de la poussée a été assez long mais c’est finalement mon mari qui m’a aidé à mettre au monde notre deuxième fille en me chuchotant à l’oreille (à mille lieux du stéréotype du futur papa qui encourage sa femme en mode supporter de foot!): « Je suis incroyablement fière de toi mon Amour. Merci chérie, dans quelques minutes, grâce à toi, nous tiendrons notre fille dans nos bras ». Avec cette phrase j’ai sentie une vague d’Amour immense m’envahir et la poussée suivante j’attrapais Perline pour la tirée hors de mon corps et la poser sur ma poitrine.

Pour ces deux accouchements je garde un souvenir merveilleux. Quand Myrtille est née nous étions dans une bulle de bonheur avec la sensation étrange de planer, d’être comme dans un rêve, déconnectés de la réalité. Nous nous découvrions parents et nous étions complètement sidérés par ce que nous étions en train de vivre. Pour Perline nous avions conscience que nous étions en train de vivre un vrai miracle, nous savions ce qu’impliquait une naissance et nous étions très émus de revivre une nouvelle fois cette merveille de la nature. Mettre un enfant au monde c’est quand même incroyable!

Il y a 1 an exactement j’accouchais de Perline et nous agrandissions notre famille.

Bon anniversaire ma Perle.

à très vite!

Mme Elle

-La belle vie Family-

24 réflexions sur “Accoucher sereinement.

  1. Merci Anne Sophie pour ce très beau témoignage, plein d’émotion et d’amour ! Je vois que l’on a de nombreux points communs : quand mes contractions ont commencé à sérieusement se rapprocher j’ai dit à mon mari : « je vais prendre une douche et me laver les cheveux pour être toute belle et surtout…je prends mon petit déjeuner, hors de question de partir sans 🙂 » !

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  2. Chère La Belle Vie Family ! Je n’ai pas pu accoucher sans péridurale pour cause de déclenchement pour mes deux grossesses, mais qui sait, j’espère avoir votre courage si jamais un troisième bébé se présente. Néanmoins, j’ai bien senti la descente dans le col et quelque part au fond de moi, je sais et je sens que je peux le faire. Cet état de grâce est tellement impressionnant lors d’une naissance ! Merci pour ce beau récit

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  3. Tes récits sont très touchants et tu as vécu deux très belles naissances.
    Je pense en toute sincérité que c’est une chance de pouvoir vivre de si beaux accouchements. J’aurais souhaité accoucher de cette façon, malheureusement la nature en a décidé autrement.

    Je pense toutefois que si les témoignages d’accouchements compliqués sont si nombreux sur le net, c’est parce que beaucoup de naissances, en vrai, sont compliquées. J’en discutais avec une sage-femme et elle me disait qu’en réalité, des accouchements où TOUT se passe bien, c’est assez rare au final de nos jours (la faute à la surmédicalisation? C’est un autre débat).

    Alors je suis d’accord, ce peut être complètement flippant de lire tout ça quand on est enceinte, mais à l’inverse, être confrontée à des complications, à une césarienne, etc, quand on pensait qu’on accoucherait naturellement, c’est tout aussi traumatisant : la situation nous échappe, et le ressenti est assez difficile.

    Enfin je t’étale un peu…

    Beau récit en tout cas !

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    • J’ai tendance à tout prévoir (même le pire!) toujours au cas où! Les accouchements comme le mieux sont rares mais c’est possible alors même sans en faire un projet de naissance, de savoir qu’on ne souffre pas forcément c’est rassurant 😉

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  4. Quelle chance… J’aurai rêvé de vivre un accouchement aussi doux et en étant pleinement actrice et consciente de ce qui se passe ! Mais j’ai eu droit au combo déclenchement, décollement et césarienne d’urgence, avec 23h allongée et monitorée 😦 Sans l’avoir mal vécu, je regrette toute cette médicalisation bien loin de mes envies et de ma philosophie.

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  5. Les bienfaits de l’hypnose mériteraient tellement à être moins méconnus et surtout mieux acceptés des gens.
    Sur de nombreux aspects, ça a changé ma vie et je suis ravie que ma mère en ait fait son métier, j’apprends beaucoup en utilisant mes propres ressources.
    Clairement tu m’as donné envie d’accoucher de la même façon le jour où ça viendra. Je connaissais l’hypnose en chirurgie etc mais c’est vrai que je ne l’avais pas associé à l’accouchement.

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  6. Arf je sais pas si WordPress a planté ou si mon commentaire est juste en modération. Je laisse un second mot au cas où. Je voulais aussi ajouté qu’on pouvait avoir eu un accouchement difficile mais sans souffrance. J’ai eu beaucoup de stress pour ma part mais je ne dirai pas que j’ai souffert. Mon mari oui par contre, il a été énormément inquiet pour nous.
    Si jamais mon gros pavé a bugué, n’hésite pas à me le dire et je repasserai me répéter sur la césarienne de complaisance !
    En tout cas vous avez eu beaucoup de chance de pouvoir avoir l’accouchement serein que chacun espère, heureusement qu’il y en a des comme ça !

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      • Crotte, je vais essayer de redire l’essentiel alors ! Je disais au début que comme Eulalie il y avait une grande part de chance pour avoir un accouchement serein. J’avançais aussi l’hypothèse qu’écrire son histoire pouvait être une catharsis pour les cas où ça ne s’est pas passé comme espérer, d’où peut-être aussi leur prédominance ?
        Après dans tous les cas je trouve que c’est formidable de pouvoir tout lire ! Dans mon cas j’avais jamais vu ou entendu de récit de césa donc je me suis retrouvée bien ignorante le soir de la naissance de ma fille. Et je sais qu’une de mes lectrices m’a contacté quelques temps après pour me remercier car elle avait eu elle aussi cette mauvaise surprise et qu’elle avait su à quoi s’attendre grâce à mon histoire ^^
        Et je voulais rebondir sur le terme « césarienne de complaisance », moi aussi avant mon espèce d’accouchement je flippais à l’idée d’une tête me passant dans le vagin donc je pensais aussi à ces césa dont les médias parlent parfois. Mais après avoir fait une césa d’urgence, ça ne m’a pas du tout complait !! 😉 Je ne pensais pas un jour être réduite à espérer avoir à nouveau une sonde urinaire pour m’éviter la douleur de me lever du lit pour aller m’assoir sur une cuvette de toilette avant de refaire péniblement le chemin inverse !

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  7. Oh, ça me touche beaucoup de lire ce témoignage, c’est rassurant! Je ne suis pas encore maman (en essais bébé pour le moment, j’espère que je serai vite enceinte), mais j’avoue que l’accouchement me fait assez peur. Notamment de ne pas pouvoir accoucher dans la position que je veux, l’éventuelle épisiotomie, et la péridurale que je ne veux pas car j’ai vraiment peur de la taille de l’aiguille. Mais je ne suis pas sûre de pouvoir gérer le jour J. J’espère être aussi sereine que vous!
    C’est très intéressant ce que vous dites sur l’auto-hypnose, je ne connais pas donc je vais lire votre article et me renseigner.
    Et j’ai beaucoup rit pour les indispensables croissants, moi non plus je ne saute jamais de repas et j’ai tout le temps faim, alors je ferai comme vous : petit déj (ou quel que soit le repas), maquillage et belle tenue! ^_^

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  8. Mais quel beau récit.. n’ayant pas encore d’enfant j’appréhende beaucoup ce moment mais toute les femmes sont différentes et votre histoire m’a rappelé que par amour de son enfant on peut surmonté bien plus de douleurs qu’on ne le pense. Merci Mme Elle

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