La mère parfaite existe!

Grande nouvelle: La mère parfaite existe! Je connais, par exemple, la mère parfaite de Félix, elle s’appelle Guillemette. Je connais la mère parfaite de Léon, elle s’appelle Marion. Je connais la mère parfaite de Violette, elle s’appelle Juliette… Car oui, chaque femme est la mère parfaite de SON enfant.DAN_5268

Crédit photo: Dan Petrovic

Contrairement à ce que l’on pourrait penser la mère parfaite n’est pas une trop bonne mère. La mère parfaite est une mère suffisamment bonne, une maman avec ses craintes, ses peurs, ses doutes, ses talents et ses défauts. Cette article est née de l’envie de répondre à tous les commentaires malveillants que je lis régulièrement sur les réseaux sociaux. Allaitement, cododo, écrans, portage, parentalité positive… chaque sujet sur la maternité suscite chez les mères l’envie de donner leur point de vue et ce dernier est forcément le bon, applicable à tous. A toutes ces mamans qui jugent (en pensant simplement donner leur avis), j’aimerais dire qu’être mère est bien plus complexe que les recommandations de l’OMS ou que les études récentes sur le cerveau des petits. Être mère c’est savoir s’ajuster aux demandes de son enfant et réciproquement ( le « réciproquement » est important!). Le célèbre pédopsychiatre et psychanalyste Daniel STERN parlait « d’accordage affectif » quand il décrivait les liens qui unissent une maman à son bébé. Une femme qui devient mère se construit au fur et à mesure que son enfant grandit et elle le fait avec ce qu’elle connait, ce qu’elle a apprit, avec ses forces et ses faiblesses, comme tous les êtres humains. A mes yeux la mère parfaite est celle qui a réussit à s’accorder à son enfant tout en tenant compte de son histoire, de ses capacités, de ses envies et qui sait se remettre en question. Les comportements maternels ne sont pas innés et c’est à vous de construire la mère que vous avez envie d’être, celle que vous pouvez être et non celle que vous vouliez devenir ou que les autres attendent que vous deveniez.

La mère parfaite est une mauvaise mère

Il n’existe pas de manuel pour devenir mère. La société véhicule un portrait peu réaliste de ce qu’est une mère. L’image d’Epinal de la femme épanouie, radieuse et complètement comblée par ses enfants tous plus adorables les uns que les autres. Cette femme n’existe pas et si une mère devait vraiment ressembler à ça je serais inquiète pour la santé psychique de ses enfants! Car oui, la mère parfaite est capable de dire qu’elle est fatiguée, qu’elle en a marre et qu’elle a envie de penser à elle. C’est d’ailleurs en faisant cela qu’elle offre la possibilité à son enfant de sortir d’une relation fusionnelle et d’avoir envie de découvrir le monde. Je vous oriente (encore) vers mon article sur la mère suffisamment bonne pour comprendre pourquoi une trop bonne mère est une mère « dangereuse ».

La médaille de la mère parfaite ou la rivalité maternelle

La course à la médaille de la mère parfaite fait rage. Il FAUT allaiter exclusivement jusqu’à 6 mois si vous voulez donner le meilleur à votre enfant (ben oui c’est l’OMS qui le dit alors c’est important!) mais attention IL NE FAUT PAS allaiter trop longtemps sinon l’équilibre psychologique de votre enfant va être mis à rude épreuve parce que quand même une relation fusionnelle avec les seins de sa mère c’est ambiguë! Bref vous l’aurez compris les arguments dans un sens comme dans l’autre foisonnent et les mères en oublient l’essentiel: La rivalité maternelle ne sert à rien! Cette rivalité fait culpabiliser les femmes et les empêche d’être heureuses et épanouies. La relation que chaque femme entretient avec son enfant est unique et elle sera forcément (et heureusement!) différente chez les autres mères. Ainsi, malgré les recommandations de l’OMS un biberon donné avec amour sera bien meilleur que du lait maternel donné à contre cœur. A l’inverse, une mère qui allaite encore son enfant de 2 ans est obligatoirement très à l’aise avec cette idée et son bébé ne ressentira aucune ambiguïté parce qu’il n’y en a pas dans leur relation! L’ambiguïté existe seulement chez ceux qui sont dérangés par l’allaitement long et qui projettent sur les mères leurs propres craintes/angoisses. Je me permets cette exemple parce que j’ai été à la fois cette mère qui n’avait pas envie d’allaiter (pour ma fille aînée) et cette mère qui allaite encore son bébé de presque 11 mois. Et oui, lorsque Myrtille est née je n’étais pas encore la mère que je suis aujourd’hui. Comme toutes les primipares qui se projettent dans ce rôle, j’avais une image bien précise de la maman que je voulais être: une femme active, menant de front son rôle de mère et d’épouse. Je m’imaginais avec la même vie que j’avais sans enfant mais avec un bébé en plus. Mon enfant serait forcément bien élevé, sage et il ne perturberait pas ma vie plus que ça. Grosse erreur! L’accordage affectif a très bien fonctionné avec Myrtille. Elle s’est adaptée à la maman que j’étais capable d’être: elle a fait des nuits de 14h très très vite (la maman débutante et hésitante que j’étais n’aurait pas eu le courage psychique et physique de se lever toute la nuit et je pense qu’elle l’a sentie). Elle souriait beaucoup et se laissait garder par ses grand-parents avec beaucoup de plaisir et très facilement. Elle était le bébé idéal et l’histoire aurait pu s’arrêter là. J’aurais alors reproduit exactement la même chose avec ma deuxième fille… mais non! L’accordage affectif a aussi très bien fonctionné pour moi et j’ai appris à être plus à l’écoute de mon enfant de jour en jour et à lui donner un peu plus que ce que je pensais avoir à lui donner. Myrtille m’a fait naître mère. Elle m’a fait grandir. Elle m’a révélée dans ce rôle qui est à mille lieux de ce que j’imaginais! Ce rôle beaucoup plus dur que ce que je pensais mais aussi tellement plus beau que tout ce que je projetais. Grace à elle j’ai eu envie d’être une maman très présente, une maman qui prend le temps d’allaiter. Avant Myrtille je voyais l’allaitement comme une contrainte, une entrave à ma vie de femme. Aujourd’hui c’est l’inverse! Avant mon premier accouchement je n’aimais pas être enceinte… et puis quand j’ai rencontré Myrtille et que je l’ai tenu contre moi pour la première fois tout a basculé…! J’ai compris à quel point la grossesse était un miracle de la vie qu’il fallait chérir. Du coup, j’ai vécu ma deuxième grossesse et l’arrivée de Perline complètement différemment. Aujourd’hui je ne suis plus à la recherche de la médaille de la mère parfaite puisque je sais que ma famille me la décernera, quel que soit mes choix. Je sais aussi que j’évolue continuellement dans ce rôle et j’adore l’idée de m’accorder constamment à mes enfants (et inversement).

Daniel STERN parlait aussi de « chorégraphie » quand il décrivait les interactions mère/bébé. Cette image me parle et lorsqu’on observe une maman avec son tout petit c’est exactement ce que l’on voit. j’espère que notre danse continuera d’être suffisamment harmonieuse pour permettre à mes enfants de continuer à grandir correctement et je vous souhaite également une belle chorégraphie avec vos petits…

Et puis s’il vous plait, respecter vous les unes les autres, cessez d’être rivales avec des avis trop arrêtés: VOUS êtes la mère parfaite de VOTRE (VOS) enfant(s) (et pas de celui (ceux) de la voisine!)! Et vive les mères parfaites qui sont humaines et tout simplement des mères suffisamment bonnes…

à très vite!

Mme Elle

-La belle vie Family-

 

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