La phase d’opposition (crise des 2ans, période du « non », terrible two…)

Votre tout petit qui hier encore était un bébé très souriant et agréable se met à dire « non » à tout? Il boude? Il provoque ou fait des scènes? Toutes mes félicitations! Cela signifie que vous êtes de supers parents! Non non je ne suis pas folle, non non je ne suis pas en train de me moquer de vous, je vous félicite tout simplement de réussir à aider votre enfant à gagner en autonomie, à s’affirmer et je vous explique même le pourquoi et le comment…

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Si votre enfant est en pleine crise d’opposition et que vous êtes sur le point de craquer alors cet article est fait pour vous. Vous ne trouverez pas ici de conseils pour éduquer votre enfant (je ne suis pas éducatrice mais psychologue) mais je vous propose une petite explication du point de vue de la psychologie sur cette période particulièrement éprouvante pour les parents.

Une étape normale et bénéfique.

La première chose à savoir concernant cette période c’est qu’elle est tout à fait normale. Il est donc inutile de l’envoyer chez un psy pour ce motif (dommage pour moi, ce serait super rentable si tous les parents dans cette situation emmenaient consulter leur enfant!). La deuxième chose très importante c’est que non seulement elle est normale mais elle est surtout utile (voir indispensable) au bon développement de votre enfant et signe de bonne santé psychique. En effet, si votre petit se rebelle c’est qu’il est enfin capable de se percevoir comme un individu à part entière avec sa propre pensée et ses propres désirs. Dire « non » lui permet de vous le montrer et de vous le faire savoir. En s’opposant, votre enfant vous dit tout simplement ce qu’il veut et lorsqu’il se met en colère c’est tout simplement qu’il est frustré. Toute la journée vous lui demandez de manger, de se brosser les dents, de faire attention, de mettre son pull, de ne pas courir, de faire attention aux voitures, aux escaliers, au coin de la table…(rayer la mention inutile), de ne pas toucher à ci ou à ça… bref toute la journée vous lui dites « non » et votre enfant à compris que ce petit mot permettait de se faire respecter voilà pourquoi il tente de l’employer à son tour pour obtenir ce qu’il veut.

L’erreur serait de prendre ce comportement pour le comportement de ce que l’on appelle « un enfant roi ». Or, dans ce cas de figure il s’agit simplement d’un enfant qui n’a plus autant besoin de vous que lorsqu’il était bébé et qui a juste envie d’être un peu plus autonome. Imaginez deux minutes ce qu’il peut ressentir: Demain matin vous vous levez et vous avez très envie de commencer par prendre un café (ou si vous êtes comme moi un thé!) mais votre compagnon (compagne) vous l’interdit sous prétexte que la caféine ou la théine ce n’est pas bon pour votre santé. Il (ou elle) n’a pas forcément tord mais vous êtes grands vous faites ce que vous voulez et puis vous en avez très envie. Ensuite vous filez dans votre dressing pour choisir votre tenue du jour mais là encore, sans raison apparente, on vous interdit d’enfiler le pantalon que vous aviez choisis et on vous oblige à porter un short que vous trouvez vraiment hideux. Voilà le quotidien de votre enfant. Non seulement il se sent suffisamment grand pour choisir son repas ou ses vêtements mais en plus il sait exactement ce qu’il veut (frites, jambon, gâteaux…) et a dorénavant les « outils » pour vous le dire.

L’autonomisation de l’enfant ou comment accepter de laisser grandir son bébé.

Cette période est donc normale et elle marque un tournant important dans l’évolution psychique de votre enfant. Avec la crise d’adolescence, cette période d’opposition est une phase d’autonomisation qui permet à l’enfant de commencer à se séparer un peu de ses parents (ce qui explique pourquoi votre petit tyran est un ange avec les autres adultes!). Gardez en tête qu’un enfant qui est vraiment trop sage et trop obéissant entre (environ) 18 mois et 3 ans est un enfant qui n’arrive pas à (ou plutôt que l’on ne laisse pas) grandir et s’affirmer.

Si vous avez plusieurs enfant vous avez peut être remarqué que cette période à été plus difficile avec (par exemple) le petit dernier qu’avec l’aîné. Cela dépend principalement de la personnalité de l’enfant et de votre manière de gérer la crise.  Il y a des enfants plus virulents que d’autres, il y a les boudeurs, ceux qui font de grosses crises, ceux qui disent « non » mais sont finalement plutôt conciliants… et puis n’oubliez jamais qu’il y a aussi votre réponse face aux comportements de votre enfant. Encore une fois je ne suis pas éducatrice et je ne vais pas vous dicter la conduite à tenir (de toute façon il n’y a pas de méthode magique!) mais n’oubliez pas que dans ces moments là votre tout petit ressent une grande frustration et un sentiment d’impuissance (ce n’est pas du cinéma!) mais gardez tout de même en tête qu’il va vous tester pour voir les limites de son atomisation. Votre rôle est donc de le laisser grandir en lui laissant faire ses propres choix tout en lui donnant un cadre et des limites car les enfants en ont terriblement besoin. Vos exigences doivent donc être adaptées à l’âge de votre enfant. Je vous l’accorde ce n’est pas toujours facile de trouver le bon équilibre mais dans les périodes de doute vous pouvez toujours relire mon article sur la mère suffisamment bonne (ici) pour booster votre moral et votre égo!

Comment survivre?

Maintenant que vous avez compris ce qui se passe psychiquement pour votre enfant:

-il a besoin de se séparer de moi pour grandir: ok

-tous les interdits et les ordres que je lui donne toute la journée le frustre et l’énerve: ok

-il n’a pas la capacité cérébrale pour gérer une situation où il se sent agresser: ok

Mais alors comment fait-on pour survivre à cette situation?

Il est difficile en tant que parent d’être à l’origine de la frustration de son enfant et de le voir se mettre dans tous ses états. Comme pour beaucoup de choses les extrêmes sont rarement efficaces et il faut en permanence chercher le bon équilibre pour fixer les limites. Etre trop rigide peu s’avérer efficace sur le moment mais pas forcément à long terme (c’est souvent à l’adolescence ou à l’âge adulte que l’enfant finit alors par se rebeller et la crise n’en est alors que plus violente).

Il y a aussi la solution de laisser l’enfant libre de ses choix et de ses mouvements. Cette solution est de plus en plus adoptée mais n’est pas à mon sens très efficace. Trop de parents confondent parentalité bienveillante et éducation permissive. On assiste à une explosion de parents se référant à la pédagogie de M. Montessori ou à la pensée d’E. Pikler mais attention à ne pas appliquer à la lettre ce qui est écrit dans les ouvrages! En effet, ils ont été écrit dans un contexte très particulier et il faut pouvoir adapter les idées et pensées absolument fascinantes de ces femmes à notre époque et à la situation! Il est compliqué de faire ce travail d’analyse et de recherche pour extraire les théories et les adapter et il est, je pense, préférable de faire « au feeling », à votre sauce, tout en vous inspirant de vos lectures sur le sujet.

Et oui encore une fois il n’y a pas de formule magique puisque chaque enfant est différent et une méthode qui fonctionne avec l’un peu s’avérer complètement inutile avec l’autre. Faites vous confiance, faites la différence entre les différentes limites que vous fixées à votre enfant et n’hésitez pas à les modifier si besoin. En effet il y a les limites sur lesquelles vous vous devez d’être intransigeants (tout ce qui concerne la santé, la sécurité de votre enfant ou les principes éducatifs auxquels vous tenez vraiment) et puis il y a toutes ces limites et ces barrières que vous mettez à votre enfant sans vraiment savoir pourquoi (pourquoi vouloir absolument qu’il porte les chaussettes blanches alors qu’il veut les rouges? Est-ce si grave que ça?). N’hésitez pas à laisser votre enfant faire ses propres choix quand cela est possible car c’est aussi important pour son autonomisation.

Bref, avec une dose d’interdits pour que votre petit apprenne à vivre en société et respecte les règles et une dose de liberté pour le laisser grandir et s’épanouir, tout devrait finir par rentrer dans l’ordre… oui mais pas maintenant… non maintenant il a besoin de dire « non » pour grandir! Courage à tous les supers parents qui sont en plein dans cette période compliquée,

à bientôt,

Mme Elle.

-La belle vie Family-

19 réflexions sur “La phase d’opposition (crise des 2ans, période du « non », terrible two…)

  1. Merci pour l article très intéressant.
    Petite question cela peu commencer avant. Mon fils de 15 mois à très bien compris le Non. Qd on lui dit non en lui expliquant pourquoi il se fâche, boude râle. Hier son père la gronder et il a fait le pote et venu vers moi et ma expliquer ( son vocabulaire étant limité à papa maman gâteau et deux trois mots) que son père l avait gronder et qu il n était pas d accord. il s oppose à nous sur plein de petites choses. Ton article me mets le doute. Sachant qu il et très indépendant ( il adore jouer seul dans sa chambre et qd il y a trop de monde il aime bien être tranquille dans son coin). Il aime faire les choses tout seul. Je l encourage dans se sens mais j avoue être un peu perdu face à son « non » constant.

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  2. Encore un article très intéressant!!! Merci pour ce partage! Il m’est d’autant plus utile que mon fils de 4ans est toujours dans une période d’opposition, je m’efforce de lui laisser le choix pour les choses « pas si grave », mais il boude à tout va, pour tout et rien mais surtout tout le temps. C’est là ou je vois pointer mes propres limites et j’avoue souvent ne plus savoir comment réagir… Alors encore une fois merci pour cet article!

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  3. Ce billet tombe à pic ! Ma fille de 2 ans et demi vient d’avoir un petit frère et elle nous en fait voir de toutes les couleurs… Naviguer entre autorité et permissivité est difficile et fatiguant mais nécessaire. Tes mots me réconfortent.

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  4. Toujours intéressant de comprendre le fonctionnement de nos loulous. Une période pas toujours évidente a géré et surtout les techniques qui fonctionnent avec l’un ne fonctionnent pas toujours avec l’autre….

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  5. Merci pour ton article encore une fois tres intéressant d’autant plus avec un avis de psychologue!Bien sur que je me retrouve dans ton article!tes mots me parlent,surtout pour dire qu’il faut s’écouter se faire confiance,être parents n’est jamais simple et tout lisse.ce qui marche avec un ne marchera pas avec l’autre.Je n’ai pas le même point de vue que la plupart des gens de mon entourage en ce qui concerne l’éducation de nos enfants (ce qui n’est pas forcément bien vu n’est ce pas!!).Mais jusqu’à présent je me suis toujours fier a mon instinct a mon ressenti et au bien etre de mes poulettes!Leur faire confiance et me faire confiance.Je peux me fier a mon instinct,je me documente beaucoup un peu partout et je peux compter aussi sur ma pédiatre geniale avec le même point de vue que moi!!!!pas de méthode miracle oui.Merci encore de partager avec nous ton experience de psychologue!!Petite pensée pour tes princesses!!!!!Sylvie

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  6. Je suis maman célibataire jai une question ses mes premiers enfants se sont des jumeaux de deux ans alor es ce que cet article tres bien expliquer peut convenir a des jumeaux parce qu’il me font tout se qui a décrit mes multiplier par deux même voir ne pas m’écouter meme en m’étant des limites jessaille de leur donner une bonne éducation qu’il applique oui et non sur certaines choses je les laisse vivre et se débrouiller sur les points ou il sont capable de faire et de leur age bien sur mes on direr qu’il veulent se mettre en danger et casser et lancer ce qu’il ont dans les mains ou des choses qu’il n’ont pas a toucher et de fragile je ses vraiment pas quoi faire mes avec le papa sa se passe plutot bien aparamen le wee quend je comprends pas jaimerai qu’on me conseil sil vous plait merci

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    • Il y a la phase d’opposition et il peut aussi y avoir un comportement visant à provoquer (consciemment ou non) pour signifier un mal-être. Le mieux est d’aller voir un professionnel pour mieux comprendre la situation. Bon courage à vous (maman célibataire c’est du boulot!)

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      • Oui merci mes cela peu durer combien de temps car le médecin et la psy de l’école me disent qu’il fait des effort mes vraiment quand il veux mes il s’énerve vite car on ne comprend pas toujours ce qu’il veux est-il répète qu’une foi les mot ou essayé mes rien de plus donc je m’inquiète un peu
        Merci

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